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Belgo Congo Role

Ce que nous disons du passé.

Cette page existe parce que la question sera posée. Autant y répondre nous-mêmes, clairement.

La table ronde belgo-congolaise à Bruxelles, 1960

Cent quarante ans, cinq dates.

Le Palais des Nations à Bruxelles, photochromie d'époque

La Belgique et le Congo partagent une histoire longue, documentée et douloureuse. Belgo Congo Role ne la conteste pas, ne la minimise pas et ne la met pas en scène.

Notre position tient en trois points. Le premier : la connaissance historique appartient aux historiens, et nous finançons leur travail plutôt que de le remplacer. Le deuxième : la reconnaissance du passé est un point de départ, pas une conclusion. Le troisième : la réparation la plus durable prend la forme d'universités qui coopèrent, d'entreprises qui investissent et de jeunes qui circulent.

Nous ne demandons à personne de renoncer à sa mémoire. Nous demandons que cette mémoire serve à quelque chose.

Histoire

Responsabilité historique

La relation entre la Belgique et le Congo a une chronologie précise, et des ruptures que personne ne conteste. Nous la posons telle qu'elle est. Ce qui suit n'est pas un procès : c'est le point de départ obligé de tout ce que la coalition entreprend.

  1. Une propriété privée

    Le 1er juillet, Léopold II proclame l'État indépendant du Congo, reconnu quatre mois plus tôt par la conférence de Berlin. Le territoire — deux millions trois cent mille kilomètres carrés, soixante-seize fois la Belgique — n'appartient pas à l'État belge. Il appartient au roi, à titre personnel, et le restera vingt-trois ans.

    Carte politique de l'État indépendant du Congo, gravure d'époque
  2. La Belgique reprend

    La campagne internationale sur le travail forcé et le caoutchouc contraint Léopold II à céder. Le Parlement vote la Charte coloniale le 18 octobre 1908 ; le Congo devient colonie belge. Son article 3 interdit le travail forcé au profit de particuliers. Il ne sera pas appliqué.

    Proclamation annonçant que la Belgique assume la souveraineté sur l'État indépendant du Congo au 15 novembre 1908
  3. L'indépendance

    La table ronde de Bruxelles siège du 20 janvier au 20 février et fixe le calendrier. L'indépendance est proclamée le 30 juin. En six mois s'enchaînent la sécession du Katanga, la crise institutionnelle, puis l'assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961.

    Patrice Lumumba à Bruxelles en 1960, l'année de l'indépendance
  4. Une commission sans conclusion

    La commission spéciale du Parlement belge sur le passé colonial, créée en juin 2020, entend près de trois cents personnes en deux ans et demi et rédige cent vingt-huit recommandations. Le 19 décembre 2022, au moment du vote, plusieurs commissaires quittent la séance : aucune excuse officielle n'est adoptée.

    Séance à la Chambre des représentants de Belgique
  5. Ce qui reste à faire

    Ce que les États n'ont pas conclu, des institutions, des universités et des entreprises peuvent le construire. La coalition ne se substitue à aucun gouvernement et ne demande réparation à personne. Elle travaille sur les huit domaines où la coopération produit des résultats mesurables.

    De jeunes participants belges et congolais travaillant autour d'une table de séminaire

Quatre périodes, et ce qu'elles ont laissé

Ce qui suit ne remplace pas le travail des historiens ; il résume ce qui est établi et daté, pour que personne n'ait à nous croire sur parole.

1885 — 1908

L'État indépendant du Congo

La conférence de Berlin, réunie de novembre 1884 à février 1885, reconnaît à Léopold II la souveraineté sur le bassin du Congo. Le roi proclame l'État indépendant du Congo le 1er juillet 1885. Le nom induit en erreur : le territoire, deux millions trois cent quarante-cinq mille kilomètres carrés, n'est ni indépendant ni belge. Il est la propriété personnelle du souverain, et le restera vingt-trois ans.

L'économie repose sur l'ivoire puis sur le caoutchouc, extraits sous un régime de quotas imposés aux villages. Le rapport du consul britannique Roger Casement, publié en 1904, documente les mutilations et les exactions ; la Congo Reform Association d'E. D. Morel en fait une campagne internationale. Une commission d'enquête mandatée par Léopold II lui-même confirme l'essentiel des faits en 1905.

Un vapeur de commerce sur le Haut-Congo, vers 1890

1908 — 1960

Le Congo belge

Sous la pression, Léopold II cède le territoire à la Belgique. Le Parlement vote la Charte coloniale le 18 octobre 1908. Son article 3 dispose que nul ne peut être contraint de travailler au profit d'entreprises ou de particuliers. La disposition existe ; elle n'est pas appliquée.

Cinquante ans durant, la colonie est présentée comme un modèle : réseau sanitaire, scolarisation primaire étendue, industrie minière puissante autour de l'Union minière du Haut-Katanga. L'enseignement supérieur, lui, reste fermé presque jusqu'au bout. À la veille de l'indépendance, le pays compte une poignée de diplômés universitaires congolais et aucun officier congolais dans sa propre armée.

La voie Matadi-Léopoldville serpentant dans les collines du Bas-Congo, tirage d'époque

1960 — 1965

L'indépendance et la crise

La table ronde de Bruxelles siège du 20 janvier au 20 février 1960 et fixe un calendrier de cinq mois. L'indépendance est proclamée le 30 juin 1960. Le discours de Patrice Lumumba, prononcé devant le roi Baudouin, rompt avec le protocole prévu et devient le texte le plus cité de cette journée.

La suite tient en six mois : mutinerie de la Force publique, sécession du Katanga le 11 juillet, intervention des Nations unies, destitution puis arrestation de Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961. Mobutu prend le pouvoir en 1965 et le garde trente-deux ans.

Étudiants de l'université Lovanium défilant pour l'indépendance, 30 juin 1960

1999 — 2022

Le temps de la mémoire

En novembre 2001, une commission d'enquête parlementaire belge conclut que la Belgique porte une responsabilité morale dans les circonstances de la mort de Lumumba. C'est la première reconnaissance officielle de cet ordre.

Le 30 juin 2020, soixante ans jour pour jour après l'indépendance, le roi Philippe adresse au président Tshisekedi une lettre exprimant ses « profonds regrets » pour les souffrances infligées. Le même mois, la Chambre installe une commission spéciale sur le passé colonial. Le 8 juin 2022, en visite à Kinshasa, le roi réitère ces regrets et remet un masque kuba au Musée national.

La commission entend près de trois cents personnes, se rend en RDC, au Rwanda et au Burundi, et rédige cent vingt-huit recommandations. Le 19 décembre 2022, au moment de les voter, plusieurs commissaires quittent la séance. Aucune excuse officielle n'est adoptée. Deux ans et demi de travaux s'achèvent sans conclusion.

Le pavillon contemporain du Musée royal de l'Afrique centrale, à Tervuren

D'où viennent ces éléments

  • Charte coloniale du 18 octobre 1908, votée par le Parlement belge.
  • Rapport de Roger Casement (1904) et rapport de la commission d'enquête de 1905.
  • Commission d'enquête parlementaire sur l'assassinat de Patrice Lumumba, conclusions de novembre 2001.
  • Commission spéciale de la Chambre sur le passé colonial (juin 2020 — décembre 2022), 128 recommandations.
  • Lettre du roi Philippe au président Tshisekedi, 30 juin 2020, et discours de Kinshasa, 8 juin 2022.

Ce que cela produit concrètement

  1. L'hémicycle du Parlement européen à Bruxelles

    Un cycle annuel de conférences réunissant universités belges et congolaises.

  2. La salle de lecture de la bibliothèque universitaire de Louvain

    Le financement de travaux de recherche historique, sans droit de regard sur les conclusions.

  3. Un amphithéâtre de l'Université de Kinshasa pendant une séance

    Des bourses de doctorat sur l'histoire partagée des deux pays.

  4. Des élèves rangeant leur salle de classe

    Des programmes scolaires de sensibilisation, conçus avec des enseignants des deux pays.

Financer des travaux menés ensemble, pas les uns sur les autres.

Laboratoires associés, appels à projets, publication en accès libre. La coalition finance des équipes mixtes et paie ce qui manque : instruments, temps de calcul, travail de terrain. Les chercheurs gardent la main sur leurs conclusions.

Recherche
Un ensemble de sculptures africaines présentées en exposition